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Savoir s'arrêter

Dernière mise à jour : 28 juin 2023

Essayer d'avoir un bébé pendant 5 ans, 10 ans, 15 ans? A quel prix?

Et son couple? Et sa santé? Et la vie?

L'envie d'avoir un enfant nous prend souvent comme une lubie incontrôlable, lorsque l'on se décide, on le veut tout de suite et maintenant.


Alors au début, on s'amuse de nos ébats à objectif, puis quelques mois passent, puis un an et on commence doucement à trouver le temps long.


Puis 2 ans, voire 3 ans (quand c'est tabou), et on se décide à consulter... alors parfois il y a des explications médicales, parfois non. On parle stratégies, plan d'actions, calendrier, âge, prise en charge, sécurité sociale... on entre dans les méandres de la méthode projet et de la sanctuarisation de la médecine pour nous trouver la solution.


Puis les 5 ans arrivent parfois vite, le corps commence à être éprouvé, le mental disjoncte par à-coups. Un jour, j'y crois, demain, je n'y crois plus... Les montagnes russes de l'espoir, ça use.

Dans certains cas, les finances casquent, quand on envisage des plans B, plans C, plans D... quand on dépasse l'âge de prise en charge de la sécu, mais qu'on pense pouvoir pousser la nature dans ses retranchements les plus absolus...


Alors quand s'arrêter, comment décider que c'est fini... comment l'accepter, cette idée de renoncer à vivre la grossesse dans ce couple qu'on chérit tant...


S'il y a un conseil important à suivre quand on se rend compte qu'on a des problèmes de fertilité, c'est d'identifier très vite nos limites respectives... se poser avec honnêteté la question suivante: Jusqu'où je suis prêt(e) à aller raisonnablement pour avoir cet enfant?


Même si ce projet d'enfant est très important, il faut savoir se détacher de toute pression extérieure au couple ou dans le couple, analyser les choses avec un minimum de détachement pour son propre équilibre:

  • Suis-je prêt(e) à bousiller ma santé physique ou mentale ?

  • Suis-je prêt(e) à me ruiner financièrement?

  • Suis-je prêt(e) à arrêter de profiter de la vie?


Si d'aucuns répondent à oui à une de ces questions, alors il y a un problème !

Avant même de prévoir d'amener un être sur terre, il faut s'aimer soi... s'aimer signifie être bienveillant envers soi même.


Dans un parcours PMA ou d'infertilité, garder l'amour de soi est important, prendre soin de soi est important, et cela doit rester la boussole pour savoir quand l'on doit s'arrêter.


Faire le deuil d'un projet d'enfant ne doit pas nous détruire, il faut pouvoir se recentrer et trouver son propre équilibre. Un enfant n'a pas vocation à nous équilibrer. Nous devons l'être au préalable pour l'accueillir.


Trop souvent notre société fait reposer sur les épaules d'un enfant des espoirs d'amour, de joie, de réussite qu'il n'a pas vocation à porter. S'il arrive sur terre, c'est pour exister en tant qu'individu à part entière, grandir et s'émanciper.


Pourquoi veut-on un enfant?


Pour consolider le couple, le légitimer?

=> Erreur, le couple existe avec ou sans enfant. Le socle du couple est l'amour qui l'unit.

PS: un enfant ne sauvera pas un couple en crise, jdcjdr.


Faire famille?

=> plus que jamais au 21ème siècle la famille se matérialise par bien des biais. Alors, oui c'est bien quand on a un enfant de son sang, mais est-ce l'unique façon d'être

parents? d'être une famille?


Transmettre? avoir un héritier?

=> celui ci n'a pas besoin d'être de notre sang pour en être digne. Un héritier peut-être choisi par affinités de liens divers.


Se reproduire, transmettre notre adn

=> un peu narcissique, non? (lol)


Avoir quelqu'un qui s'occupe de nous quand on est vieux

=> raison SUPER VALABLE! mais il reste malgré tout des alternatives, et le sang ne garantit pas le sens de la solidarité...


Un projet PMA doit être abordé avec:

  • une limite de cap psychologique à ne pas franchir (dépression, burn out, etc.)

  • une limite de saturation physique (réactions aux traitements néfastes, dérèglements trop importants, risques pour le capital santé futur, répétitions de protocoles dans la durée, etc. )

  • une limite financière (suivre ses dépenses liées au projet et se donner un budget maximal à ne pas dépasser et s'y tenir - prévoir les financements adaptés, etc.)

  • une limite pour le couple (la perte de toute intimité, crise grave, perte de dialogue, doute sur la survie du couple, désintérêt du couple en dehors de l'idée d'avoir un enfant, etc.)

  • une limite sur la continuité de la vie (impacts sur la vie professionnelle, impacts sur la vie sociale et familiale, impacts sur les projets personnels, etc.)


Quand la nature nous fait faux bond, la science est impuissante, l'humilité et la résilience restent des alliés pour accepter ce que l'on considère comme inacceptable. Il y a pourtant plusieurs façons de voir les choses.


Ne pas avoir d'enfant représente aussi une opportunité en soi quelque part:

  • Se consacrer pleinement à sa carrière, faire exploser son potentiel,

  • Se consacrer pleinement à son couple, vivre une lune de miel sans fin,

  • Pouvoir prendre plus facilement des choix de vie osés et risqués mais épanouissants,

  • Partir à l'aventure, faire ce que l'on veut sans contrainte,

  • Faire des économies et investir dans ce qui nous plait,

  • Sooooortir le soir sur un coup de tête...

  • DOOOOOOOORMIIIIIIRRRR...

  • et plein d'autres choses...

  • être moins stressé pour l'avenir (particulièrement dans ces périodes d'incertitude et de crise mondiale...).

La vie est riche d'expériences, être parent en fait partie. A défaut de pouvoir l'être comme on le rêvait, on peut découvrir une autre façon de l'être qui nous apportera tout autant sinon plus. On peut aussi ne pas l'être mais réaliser bien d'autres rêves...


L'amour inconditionnel se trouve partout où l'on accepte de le voir... S'enfermer dans le spectre d'un enfant à venir est s'enfermer soi même dans une bulle conditionnelle d'amour propre et d'amour des autres...


La vie vaut la peine d'être vécue pleinement que l'on soit seul, en couple, en famille... et nous avons tous de la valeur quelque soit l'étape et le contexte où nous nous trouvons.




Le monde des rêves est grand, et il n'appartient souvent qu'à nous mêmes d'ouvrir le champs des possibles en enlevant nos oeillères, nos peurs, nos pensées limitantes, nos idées fixes....


Il ne tient qu'à nous de découvrir tout ce que le monde peut nous offrir et qui remplira notre corps, notre esprit, notre coeur et notre âme.


Peace and Love!





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